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DU HAUT DU CAMPANILE

Lorsque des amis viennent nous rendre visite à Venise, dans le programme des réjouissances, ils nous demandent souvent de monter au campanile de San Marco afin d’avoir une vue panoramique de la Cité Sérénissime….

Malheureusement, quand la saison touristique bât son plein, c’est une queue interminable qui s’allonge indéfiniment au pied du campanile, il faut parfois plus d’une heure d’attente, voire plus, pour avoir le privilège d’accéder à l’ascenseur qui vous grimpera en haut du campanile de San Marco…. De quoi décourager de nombreuses ardeurs….

Heureusement, j’ai un plan B….
Le campanile de San Giorgio Maggiore….

D’ailleurs, ce serait plutôt le plan A que je propose d’emblée à mes amis….

San Giorgio Maggiore, c’est cette petite île en face de San Marco, où trône l’église éponyme dont le célèbre Palladio a conçu les plans….

SI le campanile de San Marco culmine à 98 mètres, celui de San Giorgio, moins haut, atteint quand même 63 mètres de hauteur, mais, de par sa situation au sud du sestiere de San Marco, il offre une vue panoramique des plus intéressantes permettant d’observer Venise à son Nord, et d’avoir également une jolie vision de la lagune Sud….

Pour s’y rendre, il suffit, depuis le quai «Riva degli Schiavoni», d’embarquer sur le «vaporetto», ligne 2….

Nous voici plus qu’à quelques dizaines de mètres nous permettant d’admirer l’édifice de plus près…..

Cinq minutes de navigation, même pas, voici le «pontil» de San Giorgio…. «Pontil» en vénitien, vous l’avez deviné, veut dire embarcadère….

Sitôt grimpé au faite du campanile, la première vision qui s’offre plein Nord, face à nous, c’est la «carte postale» de Venise avec dans l’ordre le campanile San Marco, la Piazzetta, le palais des Doges, les prisons, le Danieli et ses trois bâtiments, etc.…

Les appareils photos crépitent du haut de San Giorgio…. (Certaines de mes photos seront dans la brume, d’autres au soleil, car je ne les ai pas prises à la même saison)….

Si nous orientons notre vue un peu plus à l’Est, nous découvrons le quartier de Castello, dont est originaire ma famille, tout à droite nous apercevons le bassin de l’Arsenal….

Zoom sur le bassin de «l’Arsenale»…. Là où furent amarrés les catamarans de l’America’s Cup en début d’année 2012…
L’arsenal de Venise, construit en 1104, était un chantier naval où se construisait la flotte vénitienne ; bateaux de marchandises et galères de guerre…. Entouré par 3 km de murailles de brique rouge, crénelées,  il emploiera jusqu’à 16 000 personnes à son apogée…. Au XIVème siècle l’arsenal était capable de fournir 150 galères de guerre en deux mois !….

C’est ce même arsenal que les sordides requins politico-mafioso-financiers  tentent actuellement de s’approprier aux dépens de la commune de Venise et de ses habitants….

En s’orientant au Nord-est, nous découvrons la fin du quartier de Castello avec, pour les yeux avertis, l’entrée de la Via Garibaldi, suivie par les « Giardini » où se déroulent la biennale d’art contemporain les années impaires et la biennale d’architecture les années paires….
À nos pieds, la petite marina de San Giorgio….

Pour qui aime les voiliers, un zoom sur la petite marina….

La vue plein Est : nous reconnaissons à gauche la fin des «Giardini» suivis de San Elena tout en verdure aussi…. Tout au fond en ligne d’horizon le «Lido di Venezia» précédé à droite de l’île de San Servolo…..

Zoom sur San Servolo…. Depuis 1990 cette île est devenue un centre promotionnel multiculturel où se tiennent séminaires, conférences, réunions et autres manifestations….
Dans ma jeunesse, c’était un asile d’aliénés…. Je me souviens quand je passais mes vacances chez mes grands parents, j’allais au patronage chez les frères…. Ces derniers nous emmenaient en bateau des Giardini à la plage des Alberoni, et nous doublions tous les jours San Servolo où «la mata», ainsi qu’on l’appelait, traduisons par «la folle», était à sa fenêtre en permanence toute la journée et saluait avec un grand chiffon blanc tous les bateaux qui passaient…. Bien sûr, gamins sur le bateau, en riant nous lui rendions tous son bonjour… Cette image, qui m’avait choquée alors, est restée gravée dans ma mémoire….

La vue plein sud : à gauche en bas, la fin de l’île de San Giorgio où se cache un théâtre de verdure….
En face, l’île de La Gràzia, l’histoire de cette île est une succession d’abandons et de reconstructions http://www.francemedicale.net/cialis/ d’ordres religieux…
Derrière, l’île de San Clemente occupée par un hôtel 5 étoiles (en passe d’être fermé pour cause de normes de sécurité)….
Tout au fond à droite, l’île de Sacca Sessola qui fut un hôpital pour les tuberculeux….
Enfin sur la droite au premier plan le début de l’île de la Giudecca, avec vue sur l’hôtel Cipriani et sa piscine, hôtel du même standing que le Danieli….

Zoom au centre, sur les îles de La Gràzia et San Clemente, avec encore derrière l’ile de San Spirito et tout au fond à gauche l’île de La Poveglia….

Zoom à droite, sur le Palace Hôtel Cipriani et sa piscine….

En nous orientant vers le Sud-ouest, nous surplombons l’île de la Giudecca séparée de San Giorgio par le canal de la Gràzia…. A gauche, toujours le Cipriani, au centre deux bateaux accostés de la «Guardia di Finanza»,  juste derrière l’église des Zitelle et, plus loin, la coupole au centre, c’est la fameuse église du Redentore, conçue également par Palladio….

Si l’on Zoome à toc, tout au bout de l’île de la Giudecca, nous apercevons le colossal bâtiment du «Mulino Stucky»…. A la fin des années 1800, quand l’activité battait son plein, les Moulins Stucky,  employaient 1500 ouvriers, fonctionnaient jour et nuit et sortaient 2500 quintaux de farine par jour…..
Aujourd’hui, complètement rénové, c’est un Palace Hôtel de la chaine Hilton qui a ouvert ses portes en juin 2007, avec 380 chambres, une salle de conférence de 2000 places, un restaurant et piscine panoramique au dernier étage, etc….

La vue plein Ouest ne manque pas non plus d’intérêt….
Au centre nous voyons la «Punta della Dogana», la Pointe de la Douane, extrémité du sestiere Dorsoduro  de Venise…. Ce sestiere tient son nom de «Dorso» et «duro», traduit par «dos dur» car c’est le seul sestiere de Venise qui n’est pas construit sur un marécage sablonneux et pilotis, mais sur de la terre ferme et rocheuse…..
La pointe de la Douane sépare le canal de la Giudecca, à sa gauche, où passent les grands paquebots, du Canal Grande à sa droite…. Poste éminemment stratégique pour surveiller et contrôler tout le trafic maritime….
Aujourd’hui, ces bâtiments abritent les fameuses collections d’art contemporain de Francois Pinault….

Zoom sur la Pointe de la Douane…. Juste derrière, nous reconnaissons la coupole de l’église de la Salute, et pour parler de souvenirs d’enfances, c’est l’église où mon frère ainé, Renato, a fait sa première communion….

Et nous revoilà revenus à 360°, à l’Est, devant le palais des doges…. La boucle est bouclée….

Reste-t-il quelque chose à voir ?….
Ben oui, nous sommes dans un campanile, qui vient du mot «Campana» en italien qui veut dire «cloche»….
Donc campanile = clocher….
Suffit de lever la tête, elles sont juste au dessus de nous…..

Et si vous arrivez dans le campanile à midi moins une, conseil d’ami, vous avez intérêt à emporter des boules Quies…. Pas besoin d’ampli pour la sono !….

Après avoir jeté un œil en haut, nous pouvons aussi jeter un œil en bas, au pied du campanile, dans les parties plus difficilement accessibles aux publics et réservées aux moines bénédictins, seuls habitants permanents de San Giorgio….
Au milieu des bâtiments du couvent, un magnifique labyrinthe de verdure….

Deux superbes cloîtres pour les promenades méditatives des bénédictins…. Ils ne connaissent pas de crise du logement les moinillons de San Giorgio….

Nous voilà redescendus à terre…. Une porte dérobée, à l’occasion d’une exposition dans le cadre de la biennale d’architecture, nous permet une petite incursion dans le domaine réservé nous faisant découvrir le potager des moines….

et de voir au sol le labyrinthe de verdure….

Ainsi qu’un point de vue rare et insolite du campanile et du couvent….

Avant de repartir, sur le parvis de San Giorgio, nous admirons une fois encore, face à nous, la carte postale emblématique de Venise : le palais des doges et le campanile de San Marco….

Je terminerais cette promenade par ce petit quatrain de mon ami Gérard Charut :

Perche-toi ma mémoire en haut du campanile
De San Giorgio Maggiore, au loin j’entends la ville
Le feulement des lions, le souffle de la foule
Qui ondoie comme l’eau ondule sous la houle

Claudio Boaretto

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