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La vague

J’aime bien avoir plusieurs projets en cours simultanément. Et là, il y a peu, je m’étais débrouillé pour finir la plupart de mes grands formats en prévision des jours froids qui arrivent et qui me contraindront à quitter mon atelier glacé…

Mais voilà : cette année, les températures acceptables se sont étirées tout le long du mois d’octobre et je me suis retrouvé à chercher quoi commencer de neuf. J’ai donc replongé dans mes photos oubliées du fond du tiroir, en quête d’un cliché qui mériterait d’être transposé sur toile… grand bien m’en a pris : j’ai retrouvé cette vague !

Oui, c’est “déjà-vu” une vague… mais c’est aussi un très bon exercice ! Et puisque j’aime autant la mer, pourquoi pas moi aussi ? Ayant une toile d’un mètre carré qui attendait dans un coin, je m’y suis jeté sans réfléchir plus longtemps !

Voici donc une vague chargée de sable qui s’écrase sur une plage de galets. Si, ça existe… c’est à Cayeux-sur-Mer que ça se passe. Dans une zone au sud de la baie de Somme ou s’accumulent les galets.

Une vue sur la mer aux tons inhabituellement chauds, donc… C’est l’automne, c’est de saison ! Pour en rajouter une cuillère, j’ai poussé vers le mauve les reflets du ciel… On se retrouve avec une cohabitation de teintes complémentaires qui font vibrer la lumière. Sans le vouloir, j’ai suivi – de même que les impressionnistes avant moi – les principes énoncé par Eugène Chevreul dans sa “loi du contraste simultané des couleurs” (1839). Si vous regardez aussi les fabuleux tableaux du bord de mer de Joaquin Sorolla, vous remarquerez l’usage du violet et de l’orangé jusque dans les ombres pour rendre la lumière si éclatante. Bon, c’est pas du tout la même lumière, mais le tiers inférieur de ma vague suit le même principe…

Je me suis également souvenu de cette peinture du XIXème siècle que j’aime tant pour évoquer le mouvement de l’eau, spécialement au premier plan. Les lignes et les touches de pinceaux doivent raconter le mouvement de l’eau et la lumière. Tout est là. Inutile d’y revenir. Le centre du tableau ou la vague se casse bénéficie de plus de détails. C’est le point focal. C’est naturellement là que le contraste est également le plus fort. 

Cette vague est éclairée de façon presque frontale par un soleil très bas. L’arrière-plan disparaît dans l’ombre (alors qu’il doit se faire oublier, c’est paradoxalement cette partie qui m’a un peu énervé et j’ai dû y revenir plusieurs fois). On dirait presque qu’on a braqué un phare sur cette déferlante…

Finalement, les trois tiers du format sont traités de manière très différentes.

La palette utilisée ici est composée de terre d’ombre brûlée, ocre jaune, bleu outremer, laque de garance, noir (le moins possible) et blanc, bien sûr. Je dois avouer avoir été très surpris d’utiliser beaucoup plus de terre d’ombre que d’ocre jaune et également plus de laque de garance que de bleu outremer…

Pour l’anecdote, c’est quasiment les pieds dans l’eau que j’ai terminé cette toile suite à notre première inondation de la saison, moins de trois semaines après avoir ouvert mon tiroir à vieilles photos…

 

“La Vague” – Huile sur toile – 100x100cm – 1620€

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