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La frontière

Voici la frontière entre la ville de Venise et sa lagune, entre notre monde aérien et le monde aquatique ô combien plus mystérieux. Le long de cette frontière entre le dessus et le dessous, mouvante au gré des vagues et des marées, une vie spécifique s’installe, bien rangée en diverses strates correspondant à une humidité plus ou moins prononcée : des algues vertes qui finissent par sécher, plus bas d’autres algues plus bleutées et sombres comme si elles voulaient insister sur leur appartenance au monde marin, des moules aux reflets bruns, verts ou violacés selon leur position, et enfin les algues de grande dimensions, ocres et rouges, qui trempent dans l’eau en permanence, toujours secouées par les vagues.

Ce sujet, encore une fois très frontal et traité à taille réelle, était un bon banc d’essai pour tester une expressivité dans le geste. Le grand format permet également d’imprimer des mouvements plus amples et dynamiques.

Ensuite, l’omniprésence du noir qu’induit cette lumière rasante m’a permis de m’amuser à chercher un graphisme correspondant à chaque élément. Quand je peins avec du noir, j’ai tout à coup l’impression de dessiner. C’est une drogue (à consommer avec modération, donc).

De haut en bas de la toile, on passe du sec au mouillé.

  • Tout en haut, on est dans la strate minérale : des pierres de couronnement dont la tranche est juste rasée par la lumière, et un vieux béton fatigué mais très massif, dans le grain duquel le noir et le blanc se côtoient pour donner ne vibration rugueuse.
  • Tout en bas en revanche, la fine couche d’eau qui recouvre les algues brunes, très sombres, est complètement limpide. L’unique propriété qui la révèle est sa brillance. Ici, l’éclat lumineux est concentré en petits points brillants : le blanc et le noir se séparent totalement.

LaFrontièreBlog

Huile sur toile – 100×150 cm – 1450 €

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