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Branche de Mirabellier

L’idée d’un grand format (j’adore, j’y pense tout le temps…) sans galérer avec un cadre fait maison et la toile que je ne parviens pas à tendre (comme ma perspective de la calle Bernardo en plan depuis six mois) s’est imposée à moi après avoir vu les polyptiques de Murakami à la pointe de la Douane, le récent musée de Pinault ouvert en juin à Venise.
Plus de problème de construction, plus de problème de transport…
J’avais déjà cette idée d’une réinterprétation de la branche de cerisier orientale, à ma façon, depuis un moment, mais là, je l’ai formalisée en deux jours et peinte en pas plus de temps (si on met tout bout-à-bout).
La peinture chinoise et japonaise offre souvent le motif naturel avec, dans ses expressions les plus épurées, à l’encre, une ligne de force qui tient toute la composition. J’ai voulu faire ça aussi avec cette branche de mirabellier, ce merveilleux arbre de ma terre natale qu’il convient d’honorer cette année tant il donne de fruits délicieux (j’aimerais tant une petite tarte…).
La branche part donc dans une diagonale de la terre vers la lumière, du tableau le plus sombre et chargé vers celui le plus lumineux et léger, chaque tiers représentant un âge différent de la branche : a gauche, elle est tortueuse, cherchant son chemin sous les frondaisons, au milieu, elle est plus vigoureuse, dynamique et trouve clairement la direction de la lumière, à droite elle est plus souple et fragile, mais éclatante de vie…
J’ai essayé de retrouver un peu le graphisme japonais, comme un trait de pinceau à l’encre de Chine dans la partie gauche de la branche, très noire car vue à contre-jour. Le reste est un collage entre des motifs de fleurs et de feuilles comme sortis d’un catalogue de textile (on retrouve même un petit détail systématique sur chaque fleur d’un trait qui finit contre un autre (comme si les pétales s’enroulaient les uns dans les autres) mais je l’avoue, il aurait fallu aller plus loin en faisant, peut-être des pochoirs pour avoir des fleurs absolument géométriques et identiques).
Le tronc est plus proche de la réalité, offrant un relief entre les deux couches “textiles” de ce diorama végétal. Je me suis bien amusé à le peindre, et je pense que mon prochain tableau sera du genre paysager figuratif… J’ai déjà une petite idée bien-sûr.
TriptyqueMirabellierWeb-300x142
3 x 500 €
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